Modèle d’avis à renvoyer AVANT le 10 septembre (version courte)

Nom, Prénom :

Adresse :

Mail :

Tél :

Hôtel de Ville de Rochefort

A l’attention du Collège communal

Place Roi Albert Ier, 1

5580 Rochefort

 

…, le .. septembre 2018

 

 

Madame la Bourgmestre,

Mesdames et Messieurs les Echevins,

Objet : Avis dans le cadre de l’enquête publique relative à la demande de permis unique introduite par la S.A. LHOIST Industrie pour « créer et mettre en service des prises d’eau potabilisable et des piézomètres avec pose de conduites d’eau en vue de réaliser une campagne d’essais de pompage limitée dans le temps, destinée à valider les conclusions de l’étude hydrologique des aquifère du plateau du Gerny.

 

Dans le cadre de l’enquête publique sous objet, je profite de l’occasion qui m’est donnée par l’enquête publique pour émettre des remarques.

En raison des bouleversements climatiques, les sécheresses se succèdent, et la commune a de plus en plus de problèmes pour fournir de l’eau à la population. Etudie-t-elle des alternatives pour sécuriser l’approvisionnement ? Il existe des solutions qui sont beaucoup moins agressives pour l’environnement que le projet du carrier (captage normal, ou même une nouvelle galerie horizontale drainante, plus bas que l’actuelle). Le statu quo n’est pas une solution, la source est en danger !

L’enquête publique actuelle concerne une demande de permis pour des tests de pompage, visant à vérifier qu’on peut approfondir la carrière tout en approvisionnant la Ville et l’Abbaye en eau. Or abaisser la nappe de 5m n’est pas suffisant pour analyser son comportement en cas d’approfondissement (pour lequel on devra beaucoup plus abaisser la nappe), les tests ne serviront qu’à montrer que le carrier peut fournir notre eau du robinet. Or il le fait déjà ! Ces tests ne fourniront aucune garantie par rapport à l’approfondissement de la carrière…

Le carrier opère un chantage à l’emploi, alors qu’il y a d’autres potentiels d’extraction dans la région. La carrière fermera, un jour ou l’autre. Qu’ont-ils prévu pour les travailleurs ?

« Il ne s’agit que de tests ! » L’approfondissement ne peut pas être dissocié de la demande actuelle, chaque nouveau pas nous en rapproche. Or l’approfondissement de la carrière représente une grande menace pour l’environnement (énergivore, gaspillage de l’eau, atteinte à l’écosystème de la nappe).

Les tests représentent déjà une grande menace pour la qualité de l’eau et pour la nappe :

  • le pompage intense induira un gaspillage absurde d’une ressource inestimable dont les prélèvements actuels se limitent au « débordement » de la nappe via la Galerie de Tridaine ;
  • les sécheresses étant amenées à se reproduire de plus en plus, la nappe de la Boverie retrouvera-t-elle le niveau optimal qu’on lui connaît à l’issue des tests de pompage, puisque celui-ci nécessite des précipitations abondantes ? Nous sommes en droit de craindre un épuisement de la nappe, par les sécheresses successives et par des pompages inconsidérés ;
  • le gradient hydrique provoqué par le pompage entraînera une circulation plus rapide, une mauvaise filtration et une turbidité élevée ;
  • le karst sera fragilisé, des effondrements pourront augmenter la turbidité de l’eau ;
  • l’action des bactéries dénitrifiantes sera modifiée,
  • L’oxydation de la roche, puis la remontée de la nappe risquent de mobiliser des sulfates qui altèreront la qualité de l’eau.

Aucune garantie de qualité ET de quantité n’est fournie. Si les tests sont irréversibles, qui nous rendra notre eau ? Il faut respecter le principe de précaution !

Enfin, l’eau est un bien COMMUN !

Elle ne devrait pas être privatisée par des entreprises privées.

Nous vous remercions de l’attention que vous apporterez à notre missive et vous prions de croire, Madame la Bourgmestre, Madame et Messieurs les Echevins, en l’assurance de notre parfaite considération.

 

 

Date :

Nom :

Signature :

Avis du Comité citoyen Source Tridaine dans le cadre de l’enquête publique de septembre 2018

Madame la Bourgmestre,

Madame et Messieurs les Echevins,

Objet : Avis dans le cadre de l’enquête publique relative à la demande de permis unique introduite par la S.A. LHOIST Industrie pour « créer et mettre en service des prises d’eau potabilisable et des piézomètres avec pose de conduites d’eau en vue de réaliser une campagne d’essais de pompage limitée dans le temps, destinée à valider les conclusions de l’étude hydrologique des aquifère du plateau du Gerny.

 

Nous profitons de l’occasion qui nous est donnée par l’enquête publique pour émettre les remarques du Comité Source Tridaine, que nous représentons.

Le Comité Source Tridaine est un comité qui regroupe des citoyens de Rochefort, de Nassogne et de Marche-en-Famenne, ainsi que des associations locales (Natagora Famenne, Colibris Famenne, Les Naturalistes de la Haute-Lesse, …) dans une optique de réflexion sur les conséquences éthiques, économiques, sociales et environnementales du projet d’approfondissement de la Carrière de la Boverie, située à Rochefort.

Premièrement nous souhaitons vous faire part de notre regret de voir la procédure relative à ce dossier s’éterniser depuis 2013. Les motifs pour lesquels la première demande de permis a été refusée et pour lesquels le Conseil d’Etat a cassé la décision d’octroi de la demande de permis de 2017 reposaient sur des motifs purement juridiques et administratifs qui n’ont jusqu’à présent servi qu’à permettre au demandeur de réitérer de nouvelles demandes de permis unique, sans que des arguments de fond ne soient pris en compte et mettent fin définitivement à la procédure. A notre grand regret, cette situation entretient le sentiment de menace sur les opposants du projet, et un sentiment d’espoir plusieurs fois déçu et ranimé chez les travailleurs de la carrière, ce qui exacerbe le fossé entre les citoyens de notre commune.

Au vu des incidences sur l’environnement du projet qui fait l’objet de la demande de permis unique, nous souhaitons attirer votre attention sur les points suivants, que vous trouverez détaillés dans ce courrier :

  • L’inadéquation de la demande de permis avec l’objectif poursuivi,
  • Le principe de précaution,
  • Le risque d’irréversibilité par rapport à la quantité d’eau,
  • Le manque de proactivité de la commune par rapport aux pénuries d’eau répétées,
  • La privatisation de l’eau,
  • Le risque d’atteinte à la qualité de l’eau
  • L’impossibilité de distinguer cette demande de permis de l’approfondissement souhaité par le carrier.
  • Le terme de l’exploitation et sa prise en compte par le carrier et les autorités.

 

  • L’inadéquation de la demande de permis avec l’objectif poursuivi 

Les travaux concernés par la demande de permis constituent une deuxième phase d’étude destinée à étudier la faisabilité de l’approvisionnement de la Brasserie de l’Abbaye de Rochefort et de la Ville de Rochefort en eau de qualité similaire à l’eau débitée naturellement par Tridaine, en vue de l’approfondissement de la carrière de la Boverie. Son objectif est de comparer le comportement réel des nappes (aquifère de la Boverie composée du Membre du Lion et du Membre de l’Arche) soumises à un pompage de longue durée avec les prévisions théoriques issues du modèle mathématique de l’étude de faisabilité réalisée de 2008 à 2012[1].

Il apparaît que le rabattement de la nappe envisagé dans le cadre des tests de pompage (5m) ne permettra aucunement d’analyser les incidences d’un éventuel approfondissement de la carrière jusqu’à une altitude de 160m (au lieu des 220m autorisés actuellement), qui devra, lui, s’accompagner d’un rabattement beaucoup plus important. Présentée comme le test visant à vérifier le modèle proposé par l’étude de 2012, ces pompages ne peuvent pourtant pas le prétendre, car le comportement de la nappe, du karst, de la roche etc, ne pourra pas être comparée à leur comportement en cas d’un rabattement aussi important que celui qu’un approfondissement de la carrière nécessitera.

Ces pompages se limiteront à démontrer que le carrier peut techniquement assurer l’approvisionnement de la Ville de Rochefort et de la Brasserie de l’Abbaye de St Remy. Or les sécheresses de 2017 et 2018 ont déjà conduit les autorités communales à réquisitionner le forage JE77 de Lhoist pour ce faire.

 

  • Le principe de précaution

Les trois puits destinés à rabattre l’aquifère de la Boverie et à pourvoir Tridaine en eau, en vue de palier à son tarissement consécutif au pompage, sont dimensionnés de manière à atteindre les cotes de 168m, 170m et 198m respectivement. Il est raisonnable de penser qu’un triple pompage, puissant s’il en est puisque l’objectif est d’atteindre un débit d’exhaure de ~67m³/heure, à grande profondeur au sein de la nappe, restée jusqu’alors non perturbée par des puits intrusifs, induira de profonds bouleversements dans la circulation générale des eaux du massif calcaire, soumis en outre à des phénomènes karstiques. De nombreuses incertitudes existent quant aux conséquences hydrogéologiques de cette circulation ainsi qu’à leur réversibilité.

Dans ce contexte très incertain, nous prônons le principe de précaution afin de garantir la protection de l’aquifère de la Boverie et de son environnement, et par conséquent, de la population rochefortoise et de l’Abbaye Saint Remy qui utilisent les eaux de la source de Tridaine.

 

  • Le risque d’irréversibilité par rapport à la quantité d’eau,

En juin 2017 et en août 2018, la Ville de Rochefort a été confrontée à des situations d’étiage à la Source de Tridaine, qui ont conduit Madame la Bourgmestre à prendre un arrêté pour réquisitionner le puits JE77 de l’entreprise Lhoist pour assurer l’approvisionnement en eau de la population.

Au regard des bouleversements climatiques, ce type de situation (sécheresse) est destiné à se répéter de plus en plus fréquemment, et les tests de la demande de permis ne sont pas réalistes ni adaptés aux sécheresses susceptibles de se reproduire de plus en plus souvent.

En effet, si ces conditions se reproduisent plus fréquemment, la nappe de la Boverie retrouvera-t-elle le niveau optimal qu’on lui connaît à l’issue des tests de pompage, puisque celui-ci nécessite des précipitations abondantes ? Aucune garantie de réversibilité des tests n’est fournie à cet égard.

Les tests envisagent le pompage de l’eau de la nappe avec un débit de 550.000 m³/an, ce qui est très supérieur aux besoins de l’Abbaye et de la commune de Rochefort. Il est dès lors prévu de rejeter le « surplus » dans le Biran, ce qui nous apparaît être un gaspillage absurde d’une ressource inestimable, dont les prélèvements actuels se limitent au « débordement » de la nappe via la Galerie de Tridaine. Nous sommes en droit de craindre un épuisement de la nappe, par les sécheresses successives et par des pompages inconsidérés.

 

  • Le manque de proactivité de la commune par rapport aux pénuries d’eau répétées,

Face aux épisodes climatiques de plus en plus récurrents (faible pluviométrie pendant plusieurs mois, canicule prolongée…), nous nous étonnons de constater que la commune ne cherche aucune solution alternative et se repose entièrement sur la solution proposée par Lhoist, actuellement totalement hypothétique. L’administration régionale, qui s’est prononcée plusieurs fois sur le projet à l’occasion des demandes de permis précédentes, admet pourtant qu’il existe des solutions alternatives beaucoup moins invasives pour subvenir aux besoins en distribution d’eau. Celles-ci pourraient représenter un tribut beaucoup moins lourd pour notre environnement, et nous vous enjoignons à les envisager. Une installation de pompage sécurisante classique, ou le creusement d’une nouvelle galerie drainante, plus bas que l’actuelle, permettrait de répondre à la menace que les bouleversements climatiques font peser sur la « Source » de Tridaine. De telles solutions n’entraîneraient en effet qu’un rabattement imperceptible de la nappe.

 

  • La privatisation de l’eau

Tel que le définit le Code de l’Eau, dans son article premier (Article D.1er. § 1er) :  » L’eau fait partie du patrimoine commun de la Région wallonne. » Nous ne pouvons donc accepter de nous voir déposséder de ce bien commun.

Nous refusons donc la privatisation de l’eau de distribution par une société industrielle via un système de pompages profonds énergivores, par opposition à l’actuelle mise à disposition faible en demande d’énergie. Les citoyens se retrouveraient ainsi dépendants d’une entreprise industrielle et des aléas de la conjoncture économique, des risques technologiques liés au système de pompage proposés et de l’énergie nécessaire pour le fonctionnement de celui-ci.

Ainsi, nous insistons à nouveau pour que l’autorité communale prenne en charge l’approvisionnement en eau de notre commune.

  • Le risque d’atteinte à la qualité de l’eau

Nous nous inquiétons des conséquences du rabattement de l’aquifère de la Boverie sur les écosystèmes du Gerny, en ce compris la galerie de Tridaine.

Les tests représentent déjà une grande menace pour la qualité de l’eau et pour la nappe : turbidité, oxydation, instabilité…

Les analyses réalisées dans le cadre de l’étude hydrogéologique[2] montrent une variabilité élevée des teneurs en nitrates dans l’eau de l’aquifère de la Boverie. Ces teneurs apparaissent néanmoins rassurantes par rapport aux normes de potabilité en vigueur en Wallonie. Elles sont notamment liées à la présence de bactéries dénitrifiantes dans le calcaire du Gerny, diminuant la concentration en nitrates en présence, liés à l’activité agricole sur le Gerny. Ces bactéries essentielles à la potabilisation de l’eau (et à l’utilisation de l’eau pour le brassage de la bière à l’Abbaye de Saint-Rémy, qui nécessite un taux de nitrates inférieur aux normes de potabilité) font également partie des éventuels dommages collatéraux d’un rabattement de la nappe aquifère.

Le rabattement de la nappe par pompage opèrera un changement radical dans le mode de prélèvement de l’eau de distribution : actuellement prélevée par débordement (eau « jeune » et en surface de la nappe aquifère), l’eau sera pompée en profondeur dans la nappe aquifère, via les forages profonds d’ores et déjà mis en place à l’occasion de la demande de permis précédente. D’une qualité théoriquement meilleure, car plus ancienne et donc ayant fait l’objet d’un filtrage par la roche plus conséquent, l’eau n’en sera pas moins soumise à de nombreux facteurs de risque : le gradient hydrique créé par le pompage induira un déplacement de l’eau, une circulation plus rapide, une filtration moindre et une turbidité plus élevée. L’action des bactéries dénitrifiantes risquera d’en être altérée, et l’instabilité dans le karst, à sec, pourrait provoquer des effondrements qui pourront eux aussi augmenter la turbidité de l’eau.

Enfin, le calcaire des biohermes montre des occurrences de pyrite, ce qui laisse craindre qu’une oxydation intense, consécutive à la mise à sec du calcaire par le rabattement, suivie d’une mobilisation de sulfates lors de la remontée de la nappe, altèrera la qualité de l’eau.

Il s’agit d’un phénomène qui s’est déjà produit dans la nappe aquifère de Pecq-Roubaix, dont la remontée, grâce à l’action de la Transhennuyère, a dû être freinée, en 2012, à cause d’un risque de dégradation de la qualité de l’eau par les sulfates.

Nous exigeons que soient établies des garanties de qualité et de quantité à partir d’un standard clairement défini afin de s’assurer que la population ne perde pas son eau !

 

  • L’impossibilité de distinguer cette demande de permis de l’approfondissement souhaité par le carrier.

Chaque étape entreprise dans ce dossier nous rapproche du projet envisagé par le carrier pour la carrière de la Boverie. Il serait donc absurde de distinguer l’actuelle demande de permis de la finalité du projet du carrier, c’est pourquoi nous souhaitons étendre nos remarques à la considération du projet de la société Lhoist d’approfondir la carrière.

L’approfondissement de la carrière constitue la destruction irréversible de la source de Tridaine, telle qu’elle existe aujourd’hui. Le pompage devra être poursuivi sous peine de voir la carrière inondée et la ressource en eau potable rendue impropre à la consommation.

De grands volumes d’eau devront être pompés, en continu, sans pouvoir être stockés, ce qui représente un gaspillage de la ressource, et à l’infini, au risque de perdre la potabilité de l’eau, qui deviendrait une eau de surface, de qualité considérablement moindre, puisque sa configuration ne permettra plus sa filtration et sa protection par la roche.

La dépense d’énergie pour alimenter les pompes, destinée à durer aussi longtemps que la volonté de faire perdurer la source de Tridaine, rendue artificielle, et l’exploitation de la nappe aquifère, représente un énorme impact environnemental et climatique qu’il est indispensable de considérer. La dépense d’énergie sur une durée de 100 ans (voire plus) pour permettre l’approfondissement de la carrière d’une part, et de poursuivre le pompage pour approvisionner l’Abbaye et les citoyens de Rochefort d’autre part, nous paraît une aberration par rapport à l’urgence climatique.

 

  • Le terme de l’exploitation et sa prise en compte par le carrier et les autorités.

Enfin, nous attirons votre attention sur le fait que le Comité Source Tridaine a toujours été préoccupé par les questions liées à l’emploi des travailleurs. La société Lhoist et la commune ont-elles avancé sur cette question, plus particulièrement dans le cadre de la future reconversion à envisager lors de la fermeture de la carrière, quelle qu’en soit l’échéance ? Nous rappelons que le temps passe et que Lhoist ne prévoit toujours rien pour assurer la conversion des travailleurs et que la fermeture de la carrière est prévue en 2023.

Le carrier opère un chantage à l’emploi, alors qu’il y a d’autres potentiels d’extraction dans la région. La carrière fermera, un jour ou l’autre. Qu’est-il prévu pour les travailleurs ?

 

Nous vous remercions de l’attention que vous apporterez à notre courrier et vous prions de croire, Madame la Bourgmestre, Madame et Messieurs les Echevins, en l’assurance de notre parfaite considération.

[1] Caractérisation hydrogéologique du plateau calcaire du Gerny entre Rochefort, Humain et Jemelle en vue du projet d’approfondissement de la carrière de la Boverie (Groupe Lhoist) sous le niveau actuel de la nappe d’eau souterraine – Etude de faisabilité – Mai 2012, FUNDP Namur et EWTS.

[2] Op.cit.

 

Que se passe-t-il au Gerny?

Le Plateau du Gerny, situé à cheval sur les communes de Rochefort et Marche-en-Famenne, renferme des ressources naturelles convoitées.

D’une part, la géologie du Plateau révèle la présence de deux volumes de roches, en forme de lentille, situés côte à côte, qui constituaient il y a 370 millions d’années deux récifs coralliens qui se sont formés lorsque la région était submergée par la mer… Ces récifs anciens, appelés Membre de l’Arche et Membre du Lion, constituent aujourd’hui des volumes de roches très intéressants pour la production de chaux, utilisée dans des domaines aussi variés que la sidérurgie, l’industrie chimique, le génie civil, la sylviculture, l’agriculture, la construction, …

D’autre part, ces édifices calcaires sont entourés par des schistes imperméables, qui en font des réservoirs d’eau souterraine, qu’alimentent les eaux de pluie et les eaux de surface qui s’y infiltrent à la faveur de leur percolation à travers le sol, mais également par fissuration, altération ou dissolution (karsts). Ces deux récifs de l’Arche et du Lion renferment ainsi une nappe d’eau naturelle et d’une grande pureté, l’aquifère de la Boverie.

Pourtant indissociables, ces ressources – la pierre et l’eau – se retrouvent au centre d’un conflit entre ceux qui les exploitent, respectivement la société Lhoist Industries d’un côté, et les moines de l’Abbaye de St Remy de Rochefort de l’autre.

En effet, les calcaires du Gerny sont exploités par Lhoist via la carrière de la Boverie, tandis que l’eau est acheminée naturellement vers l’Abbaye via la Source de Tridaine, et est exploitée par les moines pour l’élaboration de leurs fameuses bières trappistes. Une bonne partie des citoyens de Rochefort bénéficient également de cette source car les moines leur font don de 400.000 litres chaque année pour les alimenter en eau de distribution.

Le conflit

Afin de protéger la nappe aquifère, le carrier dispose d’une autorisation lui permettant d’exploiter la roche calcaire en respectant un plancher situé à 10m au-dessus du niveau supérieur de la nappe. Cette limite permet l’exploitation de la carrière jusqu’en 2023.

Néanmoins le carrier souhaiterait continuer à exploiter le gisement rocheux qui se trouvera encore présent à ce moment-là…

Pour ce faire, il sera nécessaire de pomper l’eau de la nappe afin d’en faire baisser le niveau (pour ne pas exploiter la carrière sous eau !), ce qui aura pour conséquence directe de tarir la source de Tridaine.

Depuis 2008, Lhoist envisage la faisabilité de l’entreprise avec l’obligation d’étudier comment continuer à alimenter en eau les moines et la Ville sans en altérer la qualité. Au mois de juin, Lhoist a introduit une demande de permis afin de réaliser la phase finale de son étude, à savoir la mise en pratique de pompages de longue durée. Le permis a été octroyé début octobre…